La Résidence de Montagne de Chengde

La résidence de montagne de Chengde, appelée aussi « le Palais d'été de Rehe », La Résidence de Montagne de Chengdese trouve dans une étroite vallée de la partie septentrionale de la Chine, au nord de la ville de Chengde (province du Hebei). Elle occupe une superficie de 584 hectares. Cette résidence montagnarde, qui permettait de fuir la chaleur estivale, date de 1703, 42e année du règne de l'empereur Kangxi. Sa construction fut interrompue sous le règne de l'empereur Yongzheng (de 1723 à 1736), mais de 1741 à 1792, c'est-à-dire entre la 6e et la 57e année du règne de l'empereur Qianlong (1736-1796), la construction reprit et se poursuivit. 36 sites et 8 temples vinrent s'ajouter à l'extérieur de la résidence. La construction complète dura 90 ans environ. Durant cette période, la puissance de la dynastie des Qing atteignit son apogée et de nombreux artisans fort habiles accoururent en ce lieu. Lors de la 50e année de son règne, l'empereur Kangxi (1662-1723) inscrivit « Résidence de montagne pour fuir la chaleur » sur la porte méridionale. Cet ensemble architectural se divise en deux parties : la zone des palais et la zone Yuanjing.

En 1994, la résidence de montagne et temples avoisinants à Chengde furent inscrits sur la liste des patrimoines mondiaux à l'UNESCO.

Les palais se trouvent au sud de la résidence de montagne. Ils sont nombreux et répartis de manière stricte. C'est une Cité Interdite de dimensions réduites qui comprend le palais principal, le pavillon de « la grue sur le pin », le jardin Wanhesongfeng et le palais de l'Est. Le palais principal était réservé à l'empereur qui y traitait des affaires politiques, s'y reposait et y organisait de grandes cérémonies. Dans le nom du pavillon de « la grue sur le pin », construit sous le règne de l'empereur Qianlong, l'oiseau et l'arbre représentent la longévité. C'est là que se trouvait la chambre à coucher de l'impératrice douairière. Wanhesongfeng est un petit jardin qui ressemble au Jardin de l'Harmonie du Palais d'Été. C'est là que l'empereur examinait les enquêtes réalisées par ses fonctionnaires et il y possédait également sa salle de lecture. Cette construction assure la transition entre les palais et le lac. À l'extrémité orientale de la zone des palais, celui de l'Est, qui fut détruit pendant une guerre, servait à l'empereur pour l'organisation des banquets et des cérémonies.

La zone Yuanjing se divise à son tour en trois parties : le lac, la plaine et la colline. La Résidence de Montagne de ChengdeAu nord, des jardins présentant les caractéristiques du Sud et du Nord se regroupent autour d'un lac. Les paysages des jardins du Sud, en particulier, sont très bien représentés" dans cette partie. Il s'agit du Lac Sai d'une superficie de 57ha. La plaine se trouve à l'est du lac et occupe 53 hectares. Dans le « Jardin des dix mille arbres », il n'y a pas d'arbres, mais des tentes mongoles réparties selon la tradition de ce peuple. L'empereur Qianlong y reçut souvent des chefs politiques et religieux appartenant à des minorités ethniques et leur offrit des banquets en plein air. À l'ouest et au nord de la plaine, des collines occupent une aire de 422ha, soit 80 % de la superficie totale de la résidence. Les pics constituent des protections naturelles contre le vent glacial du nord-ouest : c'est là un élément qui influe sur le climat de la résidence. Sous les règnes de Kangxi et Qianlong, une quarantaine de bâtiments furent construits dans cette partie.

Aux alentours de la Résidence de montagne, on dénombre douze temples de différents styles. Parmi ces douze édifices, ceux qu'on appelle les « Huit temples avoisinants », étaient directement placés sous l'autorité de la dynastie des Qing. Ces temples respectent trois sortes de styles : celui du Tibet, celui des Han et un mélange de ces deux modes architecturaux. Ces constructions sont le reflet des meilleures aptitudes artistiques des Han, des Tibétains et d'autres nationalités intérieures. Ils sont tous d'une grandeur impériale. Ils favorisèrent les relations avec les minorités ethniques et contribuèrent à sauvegarder la Résidence de montagne. Chaque été et automne, les empereurs de la dynastie des Qing, y compris Kangxi et Qianlong, y traitaient des affaires militaires et politiques du pays et recevaient les chefs des minorités ethniques et les envoyés diplomatiques de pays étrangers; ils se rendaient au nord pour les chasses d'automne à Mulan. Des événements historiques importants de la dynastie des Qing s'y sont déroulés, et les sites et vestiges historiques sont les témoins de la consolidation et du développement de la Chine comme État multi-ethnique unitaire.

Différents des autres jardins impériaux, ceux de la Résidence de montagne sont les héritiers et les continuateurs d'une conception traditionnelle : le principe est d'intégrer la beauté artificielle dans la nature, « en s'accommodant avec celle-ci et en la dépassant ». Le choix du site et la conception globale de cette résidence ont tenu compte du relief naturel, et surtout des monts environnants. Grâce à la combinaison d'éléments architecturaux des jardins du Sud et du Nord, c'est l'un des chefs-d'œuvre que comptent les anciens jardins chinois, et on le considère comme un excellent exemple de résidence antique chinoise.