Zaju de la Dynastie des Yuan

Au 13e siècle, les Mongols a détruit la dynastie des Song du Sud, et a établi la dynastie unifié des Yuan (1206-1368). Après cela, les Mongols ont gouverné le peuple Han, en particulier les lettrés Han du Sud, d'une manière très sévère. Mais même ainsi, Yuan témoigne de l'évolution la plus importante dans l'histoire du théâtre chinois.

Au cours de la dynastie des Yuan, Zaju était répandue, en particulier dans les villes les plus prospères comme Kaifeng, Luoyang et Lin'an. Un système de prostituée officiel et normalisé est né durant les dynasties des Song et des Tang. Les filles chanteuses et danseuses devaient toujours être prêtes à répondre aux appels des fonctionnaires de la cour pour leur faire plaisir, et elles étaient aussi permises de donner des spectacles commerciaux quand elles étaient libres. Au cours de la dynastie des Yuan, Zaju leur est devenu la forme dramatique la plus courante et surtout pour les jeunes filles réputées par leur haute compétence de chanter et de danser. Influencés par elles sont apparus des groupes d'artistes s'attachant à donner des spectacles en libre déplacement partout. Zaju s'est ensuite répandu dans tout le pays, et même dans les zones rurales. La dynastie des Yuan a laissé un bon nombre d'ouvrages classiques et zaju a atteint un sommet dans l'histoire de la littérature chinoise, dont la valeur littéraire n'est pas moins que celle de n'importe quel moment dans l'histoire.

De nombreux lettrés de talent n'a pas impliqué dans la politique en raison des troubles sociaux. Au contraire, ils fréquentaient les artistes de la classe sociale inférieure toute l'année et ont écrit des scripts pour eux, ce qui contribuait par hasard à la prospérité du théâtre chinois.

Xiwen est appelé « Xiwen l'air du Sud » , tandis que Zaju des Yuan « Zaju l'air du Nord » . Dans les dynasties des Song et des Yuan, il existait une nette différence entre la musique et le théâtre du Sud et ceux du Nord. Certes, « Xiwen l'air du Sud » est né plus tôt que « Zaju l'air du Nord » , cependant, il n'y a pas une relation d'héritage entre ces deux formes parce que Zaju des Yuan possède un système musical très distinctif qui est différent de celui de Xiwen caractérisé par sa libre disposition peu concentrée. Zaju des Yuan n'est non plus le développement successif de Zaju des Song et des Jin, malgré la même appellation de « Zaju » . Celui-ci consiste principalement en des pièces de théâtre de petite taille sans histoire complète dont le but est de taquiner le public. La musique y occupe seulement une place très inférieure. Cependant, Zaju des Song et des Jin, spectacles de chant et de danse, et d'autres petits vaudevilles ont été inclus dans Zaju des Yuan, notamment pour servir de la transition entre deux actes successifs, soit comme la mise en abyme d'une pièce, soit comme l'atténuation des actions intensives, ou soit comme un complément de l'intervalle quand les acteurs changent de vêtements pour jouer un autre rôle.

Zaju et Xiwen ont tous deux été influencés par l'art de chant et de paroles tel que Zhu Gongdiao. Selon une comparaison entre les fragments de Zhu Gongdiao et les pièces de Zaju des Yuan, on peut constater que celles-ci hérite à part entière les traditions de Zhu Gongdiao qui consiste à raconter une longue histoire complète avec des suites de Gongdiao (notes) en combinant le chant et les paroles.

Quant à la composition d'une pièce de Zaju des Yuan, elle a typiquement quatre Zhe (un Zhe est comme un acte dans le théâtre occidental), précédé d'un Xiezi, une introduction au théâtre. Il y a quand même des exceptions, tel que Xiezi de Larmes sur la robe bleue (Qing Shan Leï) qui est ajoutée entre le premier et le deuxième Zhe. Dans Orphelin Zhao (Zhao Shi Gu Er), Xiezi est suivie par cinq Zhe, mais le ciquième zhe est assez court et peut être considéré comme une fin. D'un point de vue musical, le soi-disant quatre Zhe sont effectivement quatre suites des musiques de différents Gongdiao. Chaque suite comprend plusieurs et au plus dix différents Qupai (un air) au niveau d'un même Gongdiao, et chaque suite est composé à peu près des Qupai relativement fixes où on peut trouver leur système dramatique global malgré des petits changements. La relation entre de différents Qupai, y compris leur ordre successif, suit de certains règles sévères, contrôlée par le style musical et la mélodie de différents Qupai. En outre, chaque suite a un air habituel comme son introduction. Par exemple, le premier morceau de Zheng Gongdiao est généralement Duan Zheng Hao, tandis que Xian Lu Gong a pour air d'introduction Dian jiang Chun. Le premier air est mesurée dans le verset avec la métrique régulière, la mélodie lisse et l'intonation fixe. Le nom de la suite est une combinaison de Gongdiao et du premier air, comme XianLu, DianJiangChun, ShuangDiao, XinShuiLing, HuangZhong, ZuiHuaYin, etc. De plus, chaque suite a une fin, à savoir, Shawei ou Shou Sha. La fonction de Shawei est de résumer les chapitres d'une suite et de mettre fin à l'histoire et la sensation.

Parfois, une suite d'airs est terminé par plusieurs Shawei, disposés dans l'ordre inverse, comme le tier Sha tiers, le seconde Sha et le premier sha. La suite d'airs de Zaju des Yuan possède une structure musicale très stricte et suit toujours un certain processus. Le premier air comme l'introduction et Shawei comme la fin font la partie intégrante d'une suite donnée. Quant à Xiezi, souvent organisé avant quatre zhe, peut passer pour un prélude ou scène d'ouverture à entrer les actions principales d'une pièce de théâtre, afin de décrire le contexte historique et les personnages principaux.

La distinction des Gongdiao (modes) réside principalement dans celle de Qiang (mélodie de l'opéra) et Ban (le rythme de l'opéra), et le changement de mélodies et de rythmes contribue à de différents styles très distinctifs. En même temps, la variété du rythme et de mélodie d'un même Gongdiao servent à exprimer des sentiments individuels des personnages afin de mieux raconter les différents événements et créer de différentes ambiances théâtrales. Quand une suite se fixe sur un même Gongdiao, les vers qui y correspondent utilisent les mêmes rimes. Dans une pièce de Zaju des Yuan, on suit une règle générale et reconnue qui exige que quatre Zhe correspondent respectivement à quatre suites séries dont chacune a une rime différente, de sorte que le changement de l'intonation réalisé par les rimes rend varié le style de tout un théâtre. Tout cela prouve que les dramaturges et les joueurs étaient assez aptes à utiliser de divers moyens pour renforcer l'effet dramatique à l'époque des Yuan.

Tout comme Xiwen, Zaju des Yuan a aussi des règles strictes sur le plan des jeux de rôle. Néanmoins, Zaju des Yuan est centré sur les personnages principaux masculins (Zheng Mo) et féminins (Zheng Dan). Par conséquent, il existe deux types de scripts : script Mo, avec un rôle principal masculin, et script Dan, avec un rôle principal féminin. Zaju des Yuan est toujours représenté par les chanteurs qui peuvent jouer non seulement script Mo en tant que héros mais également script Dan en tant que héroïne. Dans les archives des Yuan, il y avait pas mal de chanteurs qui excellent à jouer des personnages masculins. Certains talents étaient même aptes à incarner deux rôles masculin et féminin à la fois. La plupart des Zaju des Yuan étaient représentés par les chanteurs installés dans des maisons closes gérées par le gouvernement. Au lieu d'un endroit où les chanteurs se rassemblaient, la maisons close n'était habitée par qu'un seul chanteur renommé. Quand la maison close organisait les spectacles, tous les autres personnages devaient faire ressortir ce chanteur vedette qui était le rôle principal incontestable et le pilier de toute la pièce. Prenons deux scripts Mo, l'automne au palais des Han (Han Gong Qiu) de Ma Zhiyuan et Dong Su Qin d'un auteur inconnu, comme exemple.

Tous ces deux théâtres mettent l'accent sur les personnages masculins : l'empereur des Han et Su Qin, de sorte que du début à la fin, y compris l'intermède, toutes les actes sont effectués par le rôle masculin (Zheng Mo). C'est la même chose avec les deux scripts Dan, Qian Dayin gâte intelligemment Xie Tianxiang (Qian Dayin Zhi Chong Xie Tianxiang) de Guan Hanqing et Les larmes de l'officiel de Jiang Zhou (Jiang Zhou Si Ma Qing Shan Lei) de Ma Zhiyuan, mais avec un rôle principal féminin. Il y a encore un autre échantillon en face. Dans l'opéra Xue Rengui, le personnage principal Xue est joué par un acteur de soutien au lieu d'un chanteur principal. Par conséquent, il n'y a pas de spectacle à chanter pour lui, bien que l'histoire se développe autour de lui. Comme Zaju des Yuan n'a qu'un seul chanteur principal, lors de l'organisation de des différents rôles d'une pièce, on devait tenir compte de cette règle générale. Le chanteur principal joue le rôle qui chante beaucoup, mais pas forcément le héros de l'histoire.

Par exemple, l'envoi des lettres d'amour de Liu Yi au lac de Dong Ting (Dong Ting Hu Liu Yi Chuan Shu) de Shang Zhongxian est un script Dan. Dan joue le rôle principal de la fille du dragon dans l'introduction, le premier, le troisième et le quatrième Zhe (acte), mais dans le deuxième Zhe, elle représente la déesse de la foudre. Dans la pièce Xue Rengui, le Mo (rôle masculin) joue respectivement, dans les quatre Zhe, le ministre militaire Du Ruhui, le père de Xue Rengui, le compagnon qui a passé son enfance avec Xue à la campagne, et le père de Xue encore une fois. Les personnages principaux comme Mo et Dan se mettent à jouer pourtant les rôles secondaires, c'est parce qu'on y leur prépare les parties à chanter.

Le spectacle de la dynastie des Yuan, Zaju a hérité les traditions classiques et les moyens riches de la représentation en intégrant la musique, la danse et les acrobaties et a donc créé un système des moyens d'expression admirable. Avec l'augmentation du nombre des spectateurs, et l'élargissement de la troupe des acteurs, les rôles simples jusqu'alors commencent à se diviser d'une manière plus détaillée. Par exemple, Dan (rôle féminin) est progressivement divisé en Zheng Dan (grand rôle), Wai Dan (rôle de soutien), Xiao Dan (jeune), Da Dan (adulte), Lao Dan (vieux) et Cha Dan (drôle). Mo (rôle masculin) est divisé aussi en Zheng Mo (rôle principal), Xiao Mo (jeune), Chong Mo (faux) et Fu Mo (rôle de soutien), etc. La division des rôles suggère une spécialisation plus exigée du spectacle, ce qui améliore évidemment la qualité artistique. Seulement d'un point de vue de la division, nous ne pouvons voir la réussite remarquable de Zaju des Yuan.

On peut être plus fier de la création de Zaju des Yuan. Aujourd'hui, il est assez difficile de connaître le nombre exact des pièces de Zaju des Yuan. Le Livre des fantômes {Lu Gui Bu) écrit par Zhong Sicheng (environ 1279 -1360) enregistre 152 auteurs et plus de 450 pièces. Jia Zhongming (1343-1422) a ajouté 71 auteurs et 156 pièces de plus pendant la transition entre la dynastie des Yuan et des Ming. Zang Fanxun (1550-1620), au cours de la dynastie des Ming, a compilé le recueil des Zaju des Yuan (Yuan Qu Xuan), en sélectionnant 94 pièces de Zaju des Yuan et 6 pièces de Zaju du début des Ming. Sui Shusen, un contemporain, a contribué à la compilation de 62 pièces de théâtre durant les dynasties des Yuan et des début Ming. Tout cela constitue seulement ce que nous avons la chance de lire qui marque la prospérité et la magnificence de Zaju des dynasties des Yuan et des Ming.

Zaju des Yuan est non seulement des spectacles sur la scène, mais également des oeuvres théâtrales avec une haute valeur littéraire. En parlant des réalisations de la littérature antique chinoise, on se réfère toujours aux trois types d'œuvres littéraires, la poésie des Tang, la poésie longue et courte des Song et le théâtre des Yuan, dont Zaju et Sanqu (un type de vers avec des motifs sonores inspirés des airs de la musique folklorique). Zaju des Yuan emploie à la fois les vers métriques et la prose, et les intègre parfaitement avec la musique dans un ensemble en formant une longue pièce narrative. Les dramaturges font preuve d'une grande capacité à maîtriser ce genre littéraire et nous laissent un grand nombre des histoires émouvantes et des personnages théâtraux impressionnants. Les matières de Zaju des Yuan sont très variés, et on les divisait en 12 domaines, à savoir, Dieu dans le monde de fées, la vie d'ermite, la bureaucratie, les martyrs, la piété filiale, la punition des traîtres, les fonctionnaires exilés et l'orphelin, la classe opprimée, l'histoire d'amour, la joie la tristesse et la séparation, les chanteuses et les courtisanes, le Bouddha et les fantômes. Cette classification n'est peut-être pas très précise, mais il indique la prédilection de base des dramaturges et des artistes de la dynastie des Yuan. Les plus représentatifs parmi de nombreux dramaturges sont Guan Hanqing, Wang Shifu, Ma Zhiyuan et Bai Pu.

Wang Shifu est un dramaturge hors pair de la dynastie des Yuan. Sa pièce célèbre, Romance du pavillon de l'ouest (Xi Xiang Ji) constitue l'un des chefs-d'œuvre du théâtre des Yuan. Il est né vers la fin du 13e siècle ou au début du 14e siècle, mais on connaît peu sa vie. Selon les poèmes des ses contemporains qui y ont parlé de lui, il nous semble qu'il fréquentait souvent les chanteurs dans les maisons closes gérées par le gouvernement. Évidemment, tout comme ses contemporains, Wang était un dramaturge d'un tempérament libertin très populaire parmi les chanteurs. Il a créé 13 pièces de théâtre, parmi lesquelles Romance du pavillon de l'ouest (Xi Xiang Ji) et La grotte humble de Lu Meng sous le vent et la neige (Lit Meng Zheng Feng Xue Po Yao Ji), et on ne cesse de jouer ces pièces de théâtre sur la scène chinoise depuis plus de 700 ans.

L'histoire de Romance du pavillon de l'ouest de Wang Shiwu est inspirée par le long poème de Yuan Zhen (poète de la dynastie des Tang), Yingying (Ying Ying Zhuan). Au cours de la dynastie des Song, Zhao Lingzhi (1061-1134) a écrit Guzici (un genre de poésie des Song), papillon et les fleurs. Dong Jieyuan, durant la dynastie des Jin, a transformé ce long poème en une histoire complète et émouvante en de différents modes (en Zhu Gongdiao). Romance du pavillon de l'ouest de Wang Shiwu fait de cette histoire une pièce de théâtre connue par tous les chinois.

Voici ce que décrit l'histoire de Romance du pavillon de l'ouest : la veuve du premier ministre Cui de la dynastie Tang rentre au pays natal avec sa fille Cui Yingying en portant le cercueil de son mari défunt pour l'enterrement. Le long du chemin, elles rencontrent les batailles des militants réactionnaires et décident de faire un court séjour dans le célèbre temple Pujiu. Zhang Junrui, qui va se présenter à l'examen impérial au capital, passe par ce temple et rencontre par hasard dans la salle du Bouddha la jeune fille Yingying. Ébloui sa beauté, il décide d'habiter dans ce temple et cherche à saisir la chance de rencontrer la beauté. En ce moment-là, le directeur du groupe des brigands, Sun Feihu, a entendu parler de la beauté de Yingying. Il demande sa troupe d'assiéger le temple, ayant envie de forcer violemment le mariage. Angoissée par cette situation urgente, la mère de Yingying, promet de marier sa fille à celui peut les sauver. Zhang écrit tout de suite à son vieil ami et le persuade d'envoyer sa force militaire qui réussit à chasser les brigands. Au début, la mère de Yingying promet le mariage de sa fille à cause de l'urgence, mais après avoir échappé au danger, elle envisage de manquer à sa parole. Frustré, Zhang se sent désespéré et tombe malade. Yingying, cependant, a une impression favorable de Zhang et se sent honteuse des palinodies de sa mère. Elle s'abandonne donc aux bras de Zhang et établit avec lui une liaison amoureuse en cachette. Un mois plus tard, la mère de Yingying aperçoit quelque chose entre eux et menace la domestique de Yingying de dire la vérité. Cette domestique Hong Niang cherche à persuader la mère d'accepter la réalité et permettre leur mariage. Celle-ci n'a pas d'autre choix que d'accepter leur union. Néanmoins, elle déclare que la famille Cui se trouve d'un statut élevé et que Zhang doit donc aller se présenter à l'examen impérial. S'il gagne une position officielle, il peut obtenir enfin sa fille Yingying avec des rituels pompeux au retour. Zhang et Yingying sont ainsi séparés. Après le départ de son bien-aimé, un morceau de l'esprit de Yingying s'en va et erre en accompagnant même Zhang pour son examen. Enfin, Zhang remporte les succès à l'examen et gagne son propre bonheur avec Yingying. L'histoire se termine par une fin heureuse. Cette pièce raconte l'amour des jeunes gens par nature, la pureté du sentiment et les vers superbes gagnent l'éloge remarquable depuis le début. Wang est très doué pour exprimer les émotions incapables à transmettre par des détailles les plus représentatives. Par exemple, lorsque Zhang et Yingying restent très près l'un de l'autre sans pouvoir s'exprimer, la domestique intelligente, Hongniang, chante le texte suivant :

Langoureux comme le bel homme avec des rides sur le front, La beauté n'est plus comme auparavant, avec la taille fine et les vêtements amples, L'un, en somnolence, ne prête plus attention sur le livre, L'autre, distrait, n'a non plus l'intention défaire de la broderie; L'un, comblé de tristesse, joue des airs mélancoliques sur la lyre, L'autre, coeur brisé, écrit des vers navrants sur les papiers de fleurs; La même maladie d'amour pour les deux.

La célèbre partie du chant qui décrit les adieux de Yingying à Zhang dans le pavillon à dix kilomères de loin, exprime la tristesse et les sentiments intérieurs du personnage par les paysages naturels riche de couleurs. Et cette partie est devenue classique de la littérature chinoise :

Duan Zheng Hao : le ciel plein de nuages gris, la terre couverte des fleurs jaunes, le vent de l'ouest souffle fort, du Nord au Sud volent les oies sauvages. Vient l'aube, qui a teint la forêt givrée et ivre de rouge? Les larmes des amoureux qui se séparent.

Gun Xiu Qiu : nous nous rencontrons si tard, vous vous en allez si vite. La longue branche de saule ne peut pas attacher la bride, je souhaite que les branches font arrêter le soleil qui se couche. Ton cheval court lentement en avance, ma voiture te suit rapidement après. À la douleur des refoulement de nos amours, succède la tristesse de la séparation. Apprenant ton départ, je maigris tout à coup. Voyant le pavillon de loin, je perds encore du poids. Qui comprend ma plainte interne?

Lorsque l'on décrit l'amour entre les deux jeunes amants, le développement et les changements de l'émotion sont à la fois assez compliqués. Au tout début, il est Zhang qui court après Yingying, tandis que dans la scène de départ, c'est Yingying montre mieux sa tendresse en chantant le texte suivant :

-Dans les paysages des montagnes tout autour, jette le fouet du coucher du soleil. Tous les chagrins du monde remplissent mon esprit, comment ces voitures petites ou grandes puissent les porter? -Je vais vous écrire aussi

souvent que possible, et vous ne devez pas jurer de ne plus revenir malgré l'échec à l'examen. Il reste encore une chose que vous devriez apprendre par coeur, si vous rencontriez d'autres filles ailleurs, ne répétez pas ce que vous avez fait ici.

Différent d'autres Zaju des Yuan ordinaires, Romance du pavillon de l'ouest de Wang Shifu ne raconte pas son histoire en quatre actes, mais en vingt actes répartis dans cinq chapitres. Certains soupçonne l'auteur du cinquième chapitre d'autant plus que l'essence de cette pièce se concentre dans les quatre premiers chapitres. De toute façon, Romance du pavillon de l'ouest est toujours mis en scène sous différentes formes depuis la dynastie des Yuan.

Ma Zhiyuan est un autre dramaturge important de la dynastie des Yuan. Son oeuvre célèbre Automne du palais des Han (Han Gong Qiu) est placée par les éditeurs le premier dans le Recueil du théâtre des Yuan. Elle mérite une attention particulière.

L'histoire se concentre principalement sur l'amour tragique entre l'empereur Yuandi de la dynastie des Han et Wang Zhaojun (la plus belle fille à cette époque-là). Wang Zhaojun est née dans une famille paysanne ordinaire, mais elle a la chance d'être sélectionnée par le palais impérial et elle est donc devenue l'une des nombreuses femmes candidates pour l'empereur. Cependant, comme elle ne veut pas corrompre le peintre impérial Mao Yanshou, qui est chargé à dessiner des images de ces dames. En conséquence, Mao fait exprès de la représenter laide de sorte qu'elle n'a pas l'occasion d'être connue par l'empereur. Par bonheur, Zhaojun est apte à jouer du Pipa (un luth chinois à quatre cordes).Une nuit, quand l'empereur s'amuse dans la cour d'arrière, il est attiré par le beau son du Pipa et appelle ensuite le joueur. Il est surpris la grande beauté de Zhaojun qui devient donc sa femme favorite. La ruse de Mao dévoilée, il fuit à une tribu étrangère et incite le chef de tribu à demander le mariage avec Wang Zhaojun. Sinon il va déclencher une guerre. Comme les fonctionnaires ne peuvent pas proposer des stratégies effectives pour défendre l'Empire contre la tribu, l'empereur est obligé d'abandonner Zhaojun au profit de la paix de la frontière. En l'absence de Zhaojun, l'empereur se sent seul et sa douleur et sa tristesse s'épanchent sans contrôle.

Automne du palais des Han, en tant que script Mo, est chanté principalement par un personnage masculin Zheng Mo qui joue le rôle de l'empereur et chante du début à la fin, tandis que Wang Zhaojun ne chante pas du tout. Malgré le seul rôle principal, Automne du palais des Han reste quand même la pièce classique immortelle. Sous la plume exceptionnelle de Ma Zhiyuan, nous voyons un empereur misérable agacé et navré par le mariage politique de Zhaojun. Après le départ de sa bien-aimée, l'empereur chante :

Oh! Je fais face à cette campagne sauvage et chagrine. Les jaunes herbes desséchées, le lapin accueille le gel au matin. Les gens sont armés de lances, les chevaux sont chargés d'armes. Les voitures transportent les nourritures et les chasses

sont prêtes pour les chasseurs. Elle elle elle, qui dit adieu à seigneur, moi moi moi, qui ai le regret de se séparer. Elle entre désormais aux régions sauvages, mais je retourne en voiture au palais. Retour à la capitale, à travers les murs du palais, à travers les murs du palais; le long des corridors, le long des corridors; près de la chambre, près de la chambre; la lune pâle, la lune pâle; le froid de la nuit, le froid de la nuit; les pleurs des cigales, les pleurs des cigales; la fenêtre à voile verte, la fenêtre à voile verte. Ne pas penser à elle? Oh! Je ne penserais pas à elle à moins d'avoir un coeur de fer. Coeur brisé, je fonds en larmes. L'image de ma belle restera avec moi ce soir.

Ce paragraphe donne libre cours aux sentiments douloureux de l'empereur et fait aux spectateurs verser des larmes sympathiques.

La pièce de Automne du palais des Han n'est pas une tragédie romantique au sens habituel, parce qu'elle ne met pas l'accent sur les jours d'amour que le héros et l'héroïne passent ensemble, mais sur la souffrance de la séparation et la nostalgie de l'empereur. Malgré son autorité comme maître d'une empire, il est encore incapable de garder sa femme favorite près de lui. Il pleure non seulement sur l'amour et la séparation, mais également sur la faiblesse de son pays. Il est obligé d'offrir sa bien-aimée sous la pression de la tribu sauvage, il se sent plus humilié qu'une perte de la guerre.

La grande vengeance de l'orphelin de Zhao {Zhao Shi Gu Er Da Bao Chou) écrit par Ji Junxiang est un théâtre réputé de la dynastie des Yuan. Cette pièce obtient ses matières d'une histoire réelle à l'époque des Printemps et Automnes. Elle raconte comment de nombreux guerriers se sacrifient par de différents moyens pour protéger l'orphelin unique de la Cité de Zhao. Surtout le médecin Cheng prend la responsabilité d'élever cet enfant en endurant beaucoup d'humiliation et quand l'enfant grandit, il réussit à se venger à la fin.

L'Orphelin de Zhao a inspiré d'autres pièces de théâtre et garde sa vivacité jusqu'à nos jours. En 1731, le missionnaire français Josephe Ma a traduit cette pièce en français à Guang Zhou, et en 1775 l'écrivain célèbre Voltaire la retraduit et l'adapte en L'Orphelin de la Chine. L'Orphelin de Zhao et Le Cercle de Craie (Hui Lan Ji) sont les premières bonnes pièces de théâtre chinoises introduites au monde L'opéra de Pékin, L'orphelin Zhao occidental.