À la fin des années 1970, un autre changement considérable a eu lieu dans la société chinoise. La politique de la réforme et l'ouverture de la Chine a permis au pays d'examiner attentivement sa longue tradition de l'opéra et d'affronter au monde dans un calme. Après avoir finalement rompu avec des entraves politiques, beaucoup de pièces traditionnelles reviennent aux yeux du monde. Le retournement des films comme le Rêve dans le Pavillon Rouge (Hong Lou Meng) de l'opéra de Yue et le Couple de Fée (Tian Xian Pei) de l'opéra de Huangmei a rapidement attiré un large public de rentrer dans les cinémas et les théâtres. Les artistes ont eu plus de liberté dans la création.
De nombreux dramaturges ayant des responsabilités de leur époque ont transformé leur méditation de la vie réelle à des créations artistiques, ce qui a poussé l'opéra chinois dans sa prospérité depuis les années 1950.
La nouvelle époque a donné plus d'accès aux dramaturges de connaître le monde. L'idée de la synchronisation avec le monde a abouti à un essaim de nouvelles notions théâtrales dans le pays. L'exploration sur les formes de pièce théâtrales a été la marque de la revitalisation progressive de l'opéra chinois. Depuis les années 1980, un groupe de dramaturges et metteurs en scène dévoués au « théâtre d'exploration » ont imitédes pièces modernes occidentales et s'en sont inspirés pour créer une nouvelle atmosphère aux théâtres. Beaucoup d'entre eux, représenté par Lin Zhaohua, sont devenus des pionniers du théâtre d'exploration à l'époque. L'école de la modernité occidentale leur a ouvert une fenêtre qui a été fermée pour longtemps, les aidant à trouver des instruments aigus pour briser des menottes des dogmes politiques qui avaient dominé les opéras chinois pendant des décennies. La pièce le Signal Absolu (Jue Dui Xin Hao) dirigée par Lin Zhaohua a été la première grande pièce pour le « théâtre d'exploration » et elle est ainsi devenue l'origine de la campagne connue des pièces du petit théâtre dans la société chinoise moderne.
Le Signal Absolu a été représenté au public dans un restaurant au-dessous du Théâtre de l'Art de Peuple de Pékin en novembre 1982. La forme de représentation de cette pièce a été plus subersive que le contenu dramatique. L'histoire se passe dans l'arrière d'un camion conduit en nuit. Xiaohao et son maître sont en service comme escortes et ils rencontrent Heizi et Mifeng qui leur demandent à faire un tour. Xiaohao et son ami ancien Heizi adorent tous les deux la fille Mifeng, ce qui forment une relation triangulaire. Heizi, qui a en fait l'intention d'assister
ses compatriotes de bandits à voler des marchandises dans le camion, constitue une autre relation triangulaire avec le maître qui se précautionne tout le temps et Xiaohao qui est cependant négligent. La correspondance de l'âge, de l'identité et du caractère se voit facilement. Ce n'est pas difficile de deviner la fin : le complot des mauvais est découvert tandis que l'amour qui semble impossible des deux jeunes innocents voit de l'espoir. Le script a situé toute l'histoire dans une voiture fermée et statique d'un camion en motion, ce qui est un essai symbolique et aussi provocateur. Fortement soutenu par Cao Yu, directeur du Théâtre de l'Art de Peuple de Pékin, le Signal Absolu a pu être mis en scène et a reçu un succès extraordinaire. La pièce a comporté des éléments immatures qui étaient inévitables dans l'alternance de l'époque. Lorsqu'elle était mise en scène dans un restaurant au lieu d'un théâtre typique pour la représentation d'une pièce théâtrale, la pièce a révélé sa rébellion volontaire au style du grand théâtre artistique de l'URSS qui avait été suivi en Chine depuis les années 1950.
Une autre pièce dirigée par Lin Zhaohua, l'Arrêt de Bus (Che Zhari), a même une signification plus profonde.
L'histoire se passe un samedi soir dans un arrêt de bus dans une banlieue de ville. Un groupe de passagers est en train d'attendre le bus pour aller en ville avec impatience mais le bus n'arrive jamais. Des gens se plaignent et s'inquiètent tout en continuant à attendre en vain. Le temps passe sans cesse et ils ont attendu pour dix ans. Des gens sont vieux, bossus et ont des cheveux gris. Jusqu'à ce moment-là, les gens trouvent que le tableau de l'arrêt a été déjà brouillé et se souviennent d'un homme silencieux qui a été parmi eux mais les avait déjà quittés tranquillement pour aller en ville au pied.
De toute évidence, l'Arrêt de Bus a imité la pièce En Attendant Godot de Samuel Beckett, maître de l'absurdité occidentale. Mais l'Arrêt de Bus y a ajouté la critique de la société réelle, ce qui a rendu la pièce non seulement une réflexion de la réalité de la Chine à ce moment-là mais aussi une version écrite directement en chinois d'En Attendant Godot. Cette courte pièce s'est efforcée de montrer quelque sens métaphysique : elle révèle au moins l'émotion de confusion générale à l'époque à travers un groupe de personnes qui attendent entêtement le bus. La représentation de l'Arrêt de Bus dans des théâtres était très agitante. Si le Signal Absolu est considéré comme le début de la rupture des pièces modernes chinois avec l'Ibsénisme et le système de Stanislavski, l'Arrêt de Bus doit être le résultat authentique de cette rupture. Les pièces théâtrales du petit théâtre issues du Signal Absolu et de l'Arrêt de Bus sont devenues un paysage brillant dans l'opéra chinois au cours des vingt prochaines années.
Le développement des opéras traditionnels a eu un achèvement aussi considérable dans l'opéra chinois à l'époque. Cao Cao et Yang Xiu, créé et interprété par la troupe de l'opéra de Pékin à Shanghai, est l'œuvre la plus valable parmi toutes les nouvelles pièces des opéras traditionnels de cette période. Dans la réunion de spectacle des nouvelles pièces de l'opéra de Pékin organisée à Tianjin par le Ministère de la Culture en décembre 1988, Cao Cao et Yang Xiu a remporté la première place du Prix de l'excellente nouvelle pièce de l'opéra de Pékin. Plus tard, il a reçu de nouveau le Prix d'Or dans le Premier Festival de l'opéra de Pékin de la Chine.
En fait, il est difficile de trouver le style élémentaire et la tendance principale de la création des opéras traditionnels des années 1980 dans la pièce Cao Cao et Yang Xiu. Dans une époque où l'exploration et l'innovation sont les plus appréciées, Cao Cao et Yang Xiu n'est cependant pas une pièce à la mode. Mais c'est juste en raison de son inopportunité, le dramaturge, le réalisateur et les acteurs principaux ont pu prendre le temps de bien polir leur travail pour qu'il soit de plus en plus parfait. Les deux acteurs principaux, Shang Changrong (1940- ) et Yan Xingpeng (1953- ), sont deux artistes extraordinaires qui ont bien montré le charme de l'art traditionnel de la représentation de l'opéra de Pékin. Quant à la structure, la sienne a eu une différence évidente de celle de l'opéra de Pékin traditionnel. Il y a un grand nombre de pièces dans l'histoire de l'opéra de Pékin dont le héros est Cao Cao et ces pièces ont souvent une histoire relativement complète. Cao Cao et Yang Xiu n'a cependant pas une histoire complète dans la structure mais prend la rivalité des deux figures, les affrontements dans leurs personnalités et les péripéties de leurs destins respectifs comme le tracé de l'action. Cette structure qui ressemble beaucoup à la perspective de dispersion adoptée dans la peinture chinoise a produit des effets particuliers dans des opéras traditionnels.
La distinction de Cao Cao et Yang Xiu parmi de nombreuses nouvelles pièces de la même époque est dû également à sa perspective ouverte dans le traitement des sujets. Après la longue période où les opéras ont été utilisés tout simplement comme des échos de l'idéologie politique, ce que la pièce Cao Cao et Yang Xiu vise à atteindre n'est pas une illusion crue de la théorie politique avec des récits historiques ni une comparaison forcée pour le public entre l'histoire et la réalité, mais une résonance profonde universelle de tout le temps.
Jugé par la longueur de l'histoire ou par l'abondance des ressources traditionnelles, l'opéra de Huangmei n'est pas en fait une catégorie exceptionnelle parmi tout. Il est issu de l'air de la cueillette de thé dans le canton de Huangmei à la province de Hubei. Le canton de Huangmei a souffrit depuis longtemps des inondations. Chaque fois quand il y avait l'inondation, un grand nombre de victimes passeraient au canton voisin d'Anqing de la province d'Anhui, où ils gagnaient leur vie comme mendiants en chantant. Cet air de la cueillette de thé a été ainsi largement popularisé et finalement mis au point en opéra de Huangmei à Anqing.
Après les années 1950, avec la large diffusion de nombreuses pièces classiques, telles que le Couple de Fée (Tian Xian Fei), le Bouvier et la Fille de Tissage (Niu Lang Zhi Nil), l'opéra de
Huangmei a rapidement élargi son influence et a reçu l'estime d'un public des régions variées. La nouvelle pièce la Femme de Huizhou (Hui Zhou Nu Ren) représentée en 1998 avec l'actrice principale Han Zaifen a réussi à ajouter une vitalité nouvelle à cette catégorie d'opéra. La Femme de Huizhou est une pièce particulière. Elle prend comme héroïne une femme sans nom et raconte sa vie et sa route d'émotion. L'héroïne vit dans un village typique de Huizhou et elle se marie à l'âge de 15 ans dans l'espoir illimité de la belle future. Le jour du mariage, malheureusement, son mari quitte la famille puisqu'il refuse le mariage arrangé des parents et aspire à une vie nouvelle. Durant 35 ans, elle ne cesse d'attendre et d'espérer le retour de son mari dans cette famille. L'attente est devenue le seul sens à sa vie. Elle pourrait une fois avoir une nouvelle vie à elle, mais elle choisit encore d'attendre plutôt que de fuir de la cage morale dans son esprit. 35 ans plus tard, son mari revient mais il a déjà une nouvelle famille de lui-même. Elle est en confuse et elle veut en fin se retirer, mais ne sachant pas s'il y a un chemin de retour.
Le nom de l'héroïne à la Femme de Huizhou est effacé exprès. La présence de la mode de vie de l'héroïne donnée par son milieu où elle grandit semble une redoute de l'éthique morale traditionnelle de la Chine, mais montre aussi la compréhension et la méditation de l'héroïne sur la signification de la vie des femmes. L'unicité de la Femme de Huizhou réside aussi dans les avancées de sa structure dramatique et sa conception scénique qui brisent totalement les arrangements anciens dans des opéras traditionnels, il n'y a pas d'histoire mais seulement la présentation des états d'esprit. Les gestes et le maquillage de l'héroïne jouée par Han Zaifen diffèrent beaucoup de l'esthétique traditionnelle de l'opéra de Huangmei, mais ils représentent d'une autre façon le charme ému de ce genre d'opéra. Les couleurs animées et le style de l'esthétisme églogue sur scène, avec l'effet visuel des vieilles maisons dans Anhui, ont créé une relation naturelle entre le sort de l'héroïne et le milieu culturel sur lequel elle s'appuie. En conséquence, le destin de l'héroïne dépasse ainsi le niveau des expériences personnelles et devient une métaphore du destin des femmes traditionnelles de la Chine. Du côté de l'opéra, cette pièce explique clairement l'envie forte de l'opéra chinois pour se synchroniser avec le monde dans la conception scénique et la représentation sous le grand contexte de la nouvelle époque.
La pièce de l'opéra de Liyuan M. Dong et Mme Li (Dong Sheng Yu Li Shi) révèle une autre tendance importante de l'opéra chinois à la fin du 20e siècle. Après avoir connu une longue période des doutes et des critiques à la culture traditionnelle, les dramaturges des opéras traditionnels commencent à réfléchir de nouveau et reconnaître la valeur permanente de l'opéra chinois et des traditions culturelles. Ainsi vient la pièce M. Dong et Mme Li qui est la pièce désignative de ce grand retournement.
L'opéra de Liyuan est populaire dans les régions du dialecte Minnan de Fujian et de Taïwan. Ses pièces représentantes, y compris Gao Wenju, l'Argent Taipin de Zhu Wen (Zhu Wen Tai PinQian) et la troisième et la cinquième femmes de la Famille Chen {Chen San Wu Niang), ont été jouées
depuis la dynastie des Song jusqu'à ce jour-ci. La version actuelle de Chen San Wu Niang est presque la même que l'édition publiée dans la 45e année de l'Empereur Jiajing de la dynastie des Ming (1566), ce qui nous montre la longue histoire et la bonne conservation étonnante de ce genre d'opéra. L'opéra de Liyuan conserve aujourd'hui le système des rôles et la mode normale d'interprétation de M. Dong et Mme Li (Dong Sheng He LI Shi) de l'opéra de l'opéra de Nan des Song et des Yuan : les artistes sont obligés de suivre strictement les principes esthétiques comme « lever les mains entre les yeux et les sourcils, ouvrir les mains jusqu'à son nombril, piler la main dans son menton ». Beaucoup d'airs et des instruments musicaux issus des Tang et des Song sont maintenus. Les luths utilisés aujourd'hui sont similaires aux luths de Nan à l'époque de la dynastie des Tang comme ils sont tous joués horizontalement, tandis que VErxian provient du Xiqin de la dynastie des Jin (265-420) et les flûtes verticales sont effectivement le Chiba de la dynastie des Tang. Aucune catégorie d'opéra d'aujourd'hui en Chine ne peut conserver l'ancien modèle de représentation avant la dynastie des Ming aussi complètement que l'opéra de Liyuan.
M. Li et Mme Dong a réussi avec sa nouvelle création à représenter le modèle traditionnel de l'opéra de Liyuan rempli du goût raffiné et élégant des intellectuels anciens. L'histoire est adaptée d'un roman moderne : un vieux propriétaire dont le nom de famille est Peng fait peu de confiance de sa jeune femme avec le nom de famille de Li. Par conséquent, avant de mourir, Propriétaire Li demande au professeur de la famille M. Dong à la surveiller. Mais M. Dong et Mme Li commencent ainsi une histoire amoureuse et trouvent finalement leur bonheur. Le dramaturge Wang Renjie a la connaissance profonde du modèle d'interprétation des poèmes et des drames anciens, son oeuvre a donc une structure simple et une langue belle et fraîche. Ce qui est le plus important, c'est qu'il a une conscience culturelle très précieuse, même rare parmi des dramaturges de la même époque, ce qui lui fait croire dans le charme artistique des opéras traditionnels et lui permet aussi de diriger la direction du retour de l'opéra chinois vers sa tradition et son origine. Su Yanshuo, metteur en scène de la Troupe de l'opéra de Liyuan de Quangzhou, et les deux acteurs principaux, Zeng Jingping et Gong Wanli ont contribué aussi à apporter à la perfection l'élégance et la délicatesse inhérente de l'opéra traditionnel chinois.
M. Li et Mme Dong offre un exemple rare : Il révèle pleinement le respect complet des créateurs de la pièce vers la valeur historique et culturelle de l'art national. Dans un environnement des communications intenses et diverses et des concurrences acharnées, l'état d'esprit calme des créateurs permet une fusion parfaite de la nationalisation et de la modernisation. La pièce de l'opéra de Liyuan M. Li et Mme Dong peut être considérée comme le sommetà la fois du côté de la création et de la représentation de l'opéra traditionnel. Elle représente le niveau plus haut de l'opéra traditionnel du temps moderne.
Dès le début du 21e siècle, influencé par la sélection mondiale de l'UNESCO du patrimoine culturel immatériel, des centaines de types d'opéra traditionnel ont été soutenus et spécialement protégés par le gouvernement central et local. Un siècle plus tôt, dominé par la valeur imposante de la culture occidentale, que ce soit voulu ou non, l'opéra chinois a essayé de convertir la tradition artistique orientale selon les théories dramatiques introduites de l'Occident. Cette tendance a beaucoup changé après l'arrivée du 21e siècle. L'opéra chinois est en train de s'intégrer davantage avec le monde et revient en même temps progressivement et rationnellement à ses traditions. '