Guan Hanqing

Il ya de nombreux écrivains célèbres de la dynastie des Yuan parmi lesquels Guan Hanqing est sans doute le plus talentueux. Nous ne savons pas exactement l'année de naissance et de mort de sa vie, mais il a vécu à peu près au 13e siècle, lors de la transition entre les dynasties des et des Yuan. On dit qu'il a travaillé comme médecin de la cour ou bien il était peut-être médecin ordinaire dans la capitale. Errant toute sa vie, il avait pourtant un tempérament libre et franc. Il se prétend « le chef des hommes honorables et des vagabonds du monde entier » , et il a même réclamé que « je suis un véritable grain de bronze qui ne peut pas se faire bouillir, battre à plat ou faire sauter en morceaux. » Au cours de sa vie, il a reçu le titre de « chef de Liyuan (une place pour les spectacles artistiques), des compositeurs et des auteurs dramatiques » , ce qui suggère son statut important dans le cercle du théâtre des Yuan.

Guan Hanqing a créé plus de 60 pièces de théâtre et il y reste encore 18 scripts complets. L'injustice à Dou E (Dou E Yuan) est l'un de ses oeuvres les plus influentes. Préparation d'un poisson pour le Festival de la Mi-Automne {Wang Jiang Ting Zhong Qiu Qie Kuai), Zhao Pan'er sauve intelligemment ses soeurs (Zhao Pan Er Feng Yue Jiu Feng Chen), La prière au pavillon de la lune (Gui Yuan Jia Ren Bai Yue Ting), Bao Dai Zhi décapite judicieusement Lu Zhai Lang(Bao Dai Zhi Zhi Kan Lu Zhai Lang), et Sire Guan se présente seul au dîner de la trahison (Guan Da Wang Du Fu Dan Dao Hui) sont tous des exemples excellents.

Dans l'injustice à Dou E, l'héroïne est une jeune veuve qui est mariée dans la famille des Cai quand son père est à l'examen impérial pendant son enfance. Son mari meurt jeune et elle vit alors avec sa belle-mère vieille et faible, qui gagne sa vie par prêter de l'argent. Un jour, elle se rend chez le docteur Sai pour procurer son paiement. Ayant l'intention de refuser de payer sa dette, le docteur Sai conduit la vieille femme à la campagne pour la tuer. Le père et le fils des Zhang passent et sauvent la vie de la veille femme Cai. Elle les invite ensuite à sa maison

pour les remercier. Cependant, les idées du mal leur arrivent à l'esprit. Ils veulent forcer Dou E et sa belle-mère de se marier respectivement avec le fils et le père des Zhang. Dou E les refuse. Les jeunes Zhang pense alors à empoisonner la vieille femme Cai. Par hasard, elle ne boit pas ce bol de soupe empoisonnée, mais c'est le père Zhang qui boit et meurt tout à coup. Le fils Zhang se rend au tribunal et accuse injustement la vielle dame Cai pour avoir empoisonné son père à mort. Sans aucune preuve, le fonctionnaire imbécile va soumettre Cai à la torture et à des supplices atroces. Dou E a dû assumer cette fausse accusation elle-même pour que sa belle-mère puisse s'en échapper. En conséquence, Dou E est condamné à mort. Sur le terrain d'exécution, elle raconte son accusation injuste et fait trois serments : Que son sang se répande sur la bande blanche, qu'il neige au mois de juin, et qu'il y ait la sécheresse pendant trois ans suivants. Elle dit que Dieu fera part de ses griefs et rendra réels ses serments pour témoigner de son innocence. Comme prévu, après sa mort, ses trois serments sont tous réalisés, un par un. En même temps, son père Dou Tianzhang remporte un grand succès dans l'examen impérial et gagne la confiance profonde de la cour. Il est chargé d'enquêter les procès dans de différentes régions. Quand il arrive à Chuzhou, dont le peuple souffre d'une grande sécheresse de trois ans, il rêve de sa fille qui vient voir son père qu'elle n'a pas vu depuis 16 ans et lui confie son grief pour la condamnation injuste à la mort. Plus tard, Dou Tianzhang affirme la fausse accusation et punit le véritable assassin et le fonctionnaire stupide. Bien que Dou E soit reconnue enfin innocente, elle ne peut plus revenir à la vie.

Dans les pièces de Guan Hanqing, le dramaturge garde une sympathie profonde pour les jeunes filles faibles de la classe inférieure, ce qui montre ses préoccupations pour la condition humaine. Dou E est le plus représentatif d'entre ces filles sans protèges. Elle est insulté au tribunal, comme ce qui est écrit : « je viens de me réveiller mais je tombe dans la pomme encore. Je souffre de mille coups et de toutes sortes d'humiliation, un coup de bâton de plus, une trace de sang, une couche de peau. » Lorsque elle est escortée au terrain d'exécution, Guan crie pour elle l'injustice rare au monde:

Je n'ai aucune l'intention d'enfreindre la loi et je ne m'attends pas à la fausse accusation. Un cri pour redresser le grief ne peut toucher tout de la nature. Tout à coup, je suis condamnée à me rendre à l'enfer, comment pourrais-je supporter l'injustice sans se plaindre?

Il y a le soleil et la lune qui maîtrise le temps, il y a le diable et le dieu qui le maître la vie et la mort. Oh le Ciel et la Terre, vous distinguez clairement le clair du flou, mais pourquoi vous n'arrivez pas à distinguer le bien du mal, le vrai du faux? Le vice est récompensé tandis que le vertu punis. Oh, le Ciel et la Terre, vous devriez intimider les gentils et avoir peur des forts. Oh la Terre, comment méritez-vous le nom de la Terre sans pouvoir distinguer le bien du mail Oh le Cile, vous n'êtes pas digne du nom du Ciel pour avoir puni faussement la vertu. Oh, laissez-moi fondre en larmes...

Dans le quatrième acte, l'esprit de Dou E entre sur la scène, en chantant : « tous les jours je contemple de loin ma ville natale en pleurant à chaudes larmes, attendent avec impatience la vengeance, je marche lentement dans l'obscurité, je viens rapidement en prenant l'ouragan, bien que verrouillée dans les nuages et les brouillards, je voudrais me venger vite. » La description des sentiments de Dou E de grief après sa mort est comme écrite sous la plume de Dieu.

Toutefois, Guan aperçoit non seulement les misérables de ces jeunes femmes faibles, mais il met plus l'accent sur leur bonté et leur gentillesse. Dans l'injustice à Dou E, nous pouvons voir que Dou E avoue la fausse accusation à contrecoeur, c'est parce qu'elle met en valeur la piété filiale pour sa belle-mère. Au contraire de la plupart des gens ordinaires qui confessent leur crime parce qu'ils ne supportent plus la torture cruelle du tribunal, Dou E assume toutes les accusations quand elle voit que sa belle-mère âgée va souffrir des punitions dures. Face à l'exécution, sa seule demande est de prendre un chemin dans une petite ruelle d'arrière, craignant que sa belle-mère se sent trop triste en la voyant se rendre au terrain de l'exécution. Lorsque son père lui rend la justice, elle souhaite seulement que son père pourrait bien prendre soins de sa belle-mère solitaire. Dans une situation embarrassée, elle ne tient pas compte de sa propre vie mais ne pense qu'à comment se sacrifier pour atténuer le plus possible les souffrances physiques et spirituels de sa vieille belle-mère. Cette pièce a cité l'histoire célèbre de la piété filiale de « la femme de la mer de l'est » {Dong Hai Xiao Fu) à l'époque des Han, pour nous indiquer : si la mort de l'héroïne touche le ciel et la terre, c'est qu'elle a une piété filiale profonde pour sa belle-mère. De plus, comme la belle-mère n'est pas un membre familiale qui a la relation de parenté avec Dou E, cette pièce renforce la bonté et la pureté de l'héroïne.

L'injustice à Dou E montre le talent littéraire du dramaturge sur le plan des expressions. Par exemple, le docteur Sai se présente comme ainsi : « Quand je pratique la médecine, je réfléchis plus d'une fois, et je prescris un remède selon un vieux livre de médecine célèbre. Les morts ne peuvent pas se guérir tandis que les vivants sont morts après ma consultation. » Le fonctionnaire imbécile se jette à genou dès qu'il voit les gens venir s'agenouiller devant lui. Il a expliqué à son serviteur qui ne pouvait pas comprendre : « vous devriez savoir que les gens qui venaient d'intenter un procès sont comme les pains et les vêtements pour moi. » Lors de l'interrogatoire, il ne savait qu'utiliser la torture, en disant « les hommes sont des créatures sans valeur, ils n'avouent pas leur crime sans être battus. Serviteurs, choisissez un grand bâton pour continuer à battre. » Les personnages sont joués par le rôle Jing, avec des mots exagérés dans une atmosphère si ironique qu'on éclate souvent à rire. Le talent littéraire le plus exceptionnel de Guan, c'est qu'il peut suivre les règles strictes du rythme même s'il emploie un langage familier dans ses pièces.

Étant données les créations de Zaju des Yuan comme ci-dessus, les dramaturges de cette époque là, dont Guan Hanqing, l'un des représentants, ont tendance à choisir des matériaux correspondant aux goûts esthétiques du peuple ordinaire des classes inférieures, créant ainsi des pièces qui pourraient émouvoir des millions de spectateurs théâtraux. Et en même temps, comme ils sont forts à intégrer les expressions idiomatiques et des proverbes populaires aux chansons et aux paroles de leurs pièces, les dialectes familières des villes chinoises ont obtenu des expressions littéraires et s'avèrent plus brillants.